• maléfices

    Le chien, dont le sombre pelage se confondait avec la nuit, hurlait à la mort.
    Des nuages passaient devant la lune, comme pour lui épargner le consternant spectacle des scélératesses humaines et des forfaits des entités monstrueuses errant sur notre planète.
    Des ténèbres semblait chuinter le gargouillis infâme d'innommables horreurs.
    Le chien paraissait psalmodier un chant venu des âges les plus cruels, effacés de la mémoire humaine épouvantée.
    Je songeais aux fantômes amers qui peut-être arpentaient la lande dans un silence glacé; frémissant, je me demandais si certains n'étaient pas de mes anciennes victimes, méditant à mon égard quelque vengeance inédite.
    Un vent méchant se leva, qui sembla vouloir se joindre à la voix du chien.
    Au loin s'élevait la masse sinistre d'un château délabré où, d'après la rumeur, résidait un savant fou: Dieu seul pouvait savoir ce qui se perpétrait derrière la seule fenêtre éclairée du bâtiment.
    Un lourd battement d'ailes : n'était-ce point la silhouette velue d'un vampire allant, une fois repu, retrouver sa forme humaine et sa couche-tombeau ?
    Le chien hurlait de plus belle; qui sait si la pauvre bête ne humait pas la fragance immonde de sorcières revenant du sabbat ?
    M'arrachant à ma périlleuse fascination, j'allumai un cigare et décidai de rentrer au logis.
    Je me mis en marche.
    Ce faisant, j'ôtai mon pied botté qui, jusque-là; reposait sur la queue du chien.
    Lequel, sur-le-champ, cessa de hurler.


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